Sur la ZAD de Notre-Dame des Landes

Pour inaugurer le printemps, une vingtaine d’étudiants et 3 enseignants du DSAA Alt-U ont posé leurs sacs durant une semaine sur la ZAD de Notre-Dame des Landes. Accueillis et hébergés par l’UPAHF (Université Populaire Anarchiste du Haut-Fay), l’objectif était d’observer les dispositifs spatiaux déployés par les habitants de la ZAD pour mener à bien leur projet de vie autonome. Qu’est-ce qui a poussé chacun d’entre eux à se défaire de son mode de vie antérieur ? Selon quelles logiques et quelles pratiques du territoire ont-ils choisi leurs lieux de vie sur la ZAD ? Quels moyens techniques et pratiques ont-ils mobilisés pour construire leurs lieux d’habitation et organiser leurs activités vivrières et politiques ?  Voilà quelques unes des questions qui ont été posées à plusieurs dizaines de ces singuliers habitants de la Terre. Merci à tous ceux qui nous ont ouvert leur porte. Ils ont eu la gentillesse de nous accueillir, de prendre le temps de discuter, et ont accepté que les étudiants fassent des relevés (métriques, croqués, sonores…) de leurs lieux de vie. Cette immersion pédagogique intensive qui a permis de très riches échanges restera à coup sûr une expérience marquante pour chacun d’entre nous. Elle a en outre permis de collecter des informations propres à alimenter une publication à venir chez Actes Sud. Affaire à suivre…

(Descriptif plus complet du projet présenté après les photos)

Leçons architecturales et anthropologiques d’une expérience vernaculaire contemporaine

L’objet de ce travail est donc de réaliser un atlas pour décrire l’expérience d’habitation locale et autonome qui se construit depuis maintenant plusieurs années dans le bocage nantais sur le site de la Zone d’Aménagement Différé de Notre Dame des Landes. Parti d’une résistance au projet d’aéroport du grand ouest ce mouvement s’est rapidement transformé en une expérience de vie suffisamment structurée pour être qualifiée de nouvelle utopie. De fait, l’intérêt grandissant de nombreuses personnes pour cette expérimentation s’étend maintenant bien au-delà des milieux militants vers des chercheurs de différents domaines, de l’architecture, de l’anthropologie, de l’écologie, des sciences politiques ou de la sociologie.

Décrire cette expérience à partir des lieux qui la composent et de la manière dont ceux-ci sont habités, puisque telle est notre compétence, pose plusieurs problèmes méthodologiques importants.

Le premier étant de savoir à quelle discipline appartient cette recherche qui emprunte à l’analyse architecturale, à l’étude des villes, à l’enquête anthropologique, à l’observation écologique ou aux techniques de relevé de l’archéologie.

Un autre problème est de savoir quels sont les outils appropriés pour décrire de l’habitat informel et les usages de ses habitants ; dessins d’architecture, croquis, textes, photos, entretiens ….. Et comment les articuler entre eux pour montrer les liens qui se tissent entre les meubles, les objets, les habitants, le climat, l’architecture, les animaux et les milieux.

Une autre question, plus classique, est de savoir comment cartographier des choses légères, en mouvement, des micro-flux…. Et comment montrer la dimension éphémère ou transitoire des situations dans des dessins d’architecture.

L’étude devrait être complétée par un travail photographique de Cyrille Wiener, une production artistique autonome et non illustrative, réalisée en résonance avec le travail d’enquête architecturale et paysagère mené par les étudiants du DSAA.

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